Chez Wam

"Mon meilleur conseil à l'attention de quelqu'un qui veut se mettre à faire de la musique : imaginez que la musique est une grande Mona Lisa et dessinez-lui une moustache !",

Flea.

:-)

dimanche 15 mai 2011

B.O.F (3) : 99 Francs



Réalisateur : Jan Kounen
Genre : Comédie satirique
Pays : France
Date de sortie en France : 26 septembre 2007.


Petite séance cinoche du samedi soir (déjà vus mais quand on aime...) : 99 francs en première partie et The Machinist en second... Ici, c'est le premier qui nous intéresse et pas des moindres. C'est vrai que le BON cinéma français se fait relativement rare... Alors pour une fois qu'un film français fait partie de ces raretés, on aurait tort de passer à côté ! Alors oui, six fois que je vois ce film, et meilleur il est à chaque visionnage. C'est percutant, ça fait réfléchir, ça délivre un message... Bref, c'est pour moi à cela que l'on reconnait un excellent film. 
Personnellement, j'y ai trouvé beaucoup d'analogies avec un autre film culte, "Fight Club" (voire avec "The Truman Show" et la parodie d'une pub pour Kinder, hilarante cela dit en passant...) d'une part, par les thèmes exploités tels que la société de consommation, la publicité toujours aussi envahissante et de plus en plus aliénante, le perte de repères des trentenaires; et d'autre part, par quelques "trucs" piqués tels que le plan séquence où Tyler dans Fight Club fait le tour de son appartement et au fur et à mesure qu'il le traverse, les pièces se transforment en page de catalogue Ikéa; dans 99 Francs, c'est la garde-robe d'Octave qui se transforme en page de catalogue de fringues. Mais aussi, le commencement du film par la fin, leur envie de "Révolution" avec le Projet KO pour Fight Club et le sabotage de la publicité "Starlight" par Octave, mais à une échelle différente pour chacun des protagonistes.



Synopsis : Octave est le maître du monde : il exerce la profession de rédacteur publicitaire. Il décide aujourd'hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, "l'homme est un produit comme les autres". Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft, surnommée "La Ross". Il est couvert d'argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.
Deux événements vont bouleverser le cours de la vie d'Octave. Son histoire d'amour avec Sophie, la plus belle employée de l'agence, et une réunion chez Madone pour vendre
un film de pub à ce géant du produit laitier. Le doué Octave déjante alors et décide de se rebeller contre le système qui l'a créé, en sabotant sa plus grande campagne.
De Paris, où négocient les patrons d'agences, à Miami, où l'on tourne un spot sous antidépresseurs, de Saint-Germain-des-Prés à une île perdue d'Amérique Centrale, Octave parviendra-t-il à échapper à sa prison dorée ? (Allociné). 
Quelques répliques du film :

Scène du début où l'on retrouve le personnage principal, Octave, prêt à se suicider du haut d'une tour : "Tout s’achète. L’amour, l’art, la planète Terre, vous, moi. Surtout moi. L’homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Je suis publicitaire. Je suis de ceux qui vous font rêver des choses que vous n’aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, bonheur parfait retouché sur Photoshop. Vous croyez que j’embellis le monde ? Perdu. Je le bousille. Tout est provisoire. L’amour, l’art, la planète Terre, vous, moi. Surtout moi".

"Pour moi, tout avait impeccablement bien commencé. L’ambiance était bonne, le Dj excellent, la température agréable, les filles superbes, l’alcool à gogo, la drogue de qualité. Non indéniablement mes 33 premières années ont été parfaitement bien réussies. Mais je ne vais pas travestir la vérité. Je ne suis pas un gentil garçon. Je suis une grosse merde. Un héros moderne quoi. […] Je suis désolé d’être tellement en avance sur vous, mais c’est moi qui vais décider aujourd'hui ce qui vous plaira demain. Je me drogue à la nouveauté, et l’avantage de la nouveauté c’est qu’elle ne reste jamais neuve longtemps. L’idéal serait que vous commenciez par me détester avant de détester l’époque qui m’a crée. Donc voilà, je me prénomme Octave, Octave Parango. J’ai passé ma vie à vous manipuler comme 75 000 francs par mois. Quand à force d’économie vous réussirez à vous payer la bagnole de vos rêves, je l’aurais déjà démodé. Je suis celui qui pénètre votre cerveau, je jouis dans votre hémisphère droit. Votre désir ne vous appartient plus, je vous impose le mien. Jamais crétin aussi irresponsable que moi n’a été si puissant depuis 2000 ans".


Octave après son overdose : "Octave revient de loin. Pour lui la vie sans cocaïne c'est presque une découverte, c'est un peu comme la vie sans télé pour certains, tout est plus lent et on s'ennuie vite. Il se dit que c'est peut être ça le secret qui sauverait le monde, accepter de s'ennuyer. Pas facile...".

Octave se fait passer pour mort. Devant la télévision, le Directeur de Madone, Tamara et les autres participants de la publicité s'apprêtent à la visionner pour la première fois à la télé. La pub commence et on voit Tamara avec le pot de "Starlight" à la main :

Tamara : Bon, je me sens ridicule, je vais recommencer.

Elle disparait de l'écran et Octave apparait.

Octave : Bonjour, Ca c’est Starlight, un nouveau yaourt allégé, qui n’a strictement aucun intêret. [Il explose le yaourt dans sa main]. Alors vous allez me dire « pourquoi on cherche à vous le vendre ? » . Mais beh parce qu’on a des objectifs. On a du chiffre à faire nous. Qu’est ce que vous croyez ?! Vous croyez qu’on s’amuse là ? Vous savez combien ça coute 30 secondes du cerveau des gens qui regardent la télé à cette heure là ? 400 000 balles. 400 000 francs ! Alors comment on fait nous, avec quoi on paye tout ça ? Et nos cadres hein ? Comment on les paye nos cadres ? Tiens notre PDG par exemple, avec son salaire qui avoisine grosso modo le PIB du Burkina Fasso hein ? Avec quoi on le paye ? Où est ce qu’on trouve le pognon ? Et nos actionnaires ? Les investisseurs ? Comment on fait ? COMMENT ON FAIT ? COMMENT ON FAIT ???!!!!! Alors maintenant, on éteint sa petite télé, on prend son porte monnaie et on va fissa dans son supermarché pour écouler les stocks. Y’en a 12 000 tonnes à becter.

Tamara vomit le yaourt, vision d'une simulation de sodomie au yaourt, éthiopiens rachitiques, abattoirs, rots, orgies au yaourt, Octave crache le yaourt dans la bouche de Tamara.

Tamara : Madone, achetez en, sinon ça se vendra pas.

Octave écrase le yaourt avec son pied. 



Sur la bande originale de ce film, quelques perles Electro ressorties pour l'occas : 

Saint Germain - Sure Thing, de l'album "Tourist", 2001.



Goldfrapp - Lovely Head, de l'album "Felt Mountain", 2000 : Atmosphère Morriconienne à fond...



Laurent Garnier - Crispy Bacon, de l'album "30", 1997.



Etienne de Crécy - Funk : Petit bijou Electro, remixé par les Bloody Beetroots.


Ici C'est Sympa Aussi :-))