Chez Wam

"Mon meilleur conseil à l'attention de quelqu'un qui veut se mettre à faire de la musique : imaginez que la musique est une grande Mona Lisa et dessinez-lui une moustache !",

Flea.

:-)

mardi 23 novembre 2010

Dissection De Poubelles Du Monde Entier

Article Paru dans le Monde.fr, le 22 novembre 2010. 

Pendant quatre ans, deux photographes (Pascal Rostain et Bruno Mouron) ont passé au crible les déchets de famille de 13 pays afin de révéler nos comportements de consommation. 

(Oeuvres présentées lors de l'expo "Global Trash" http://www.sortiraparis.com/art-culture/lexpo-quotglobal-trash-quot-a-la-grande-halle-de-la-villette-32873.html, à la Grande Halle de la Villette à Paris en septembre). 

NB : Le contraste entre la Malaisie et le Malawi est "saisissant"...


Poubelle du Japon


Poubelle Des Antilles 


Poubelle De Malaisie 


Poubelle Du Malawi 


Poubelle de Neuilly-Sur-Seine 


Poubelle D'Ivry-Sur-Seine 



Poubelle De Russes Aisés


Poubelle De Russes Modestes

Interview dans France Soir du 16 septembre 2010. 
Les deux photographes « fouineurs » de poubelles des stars, Pascal Rostain et Bruno Mouron, se sont attaqué à un projet plus anonyme et mondial. « Global Trash » expose les photos des déchets de familles riches et pauvres récupérés dans 13 pays du monde.
Présents les 16 et 17 septembre à la Grande Halle de la Villette à l'occasion des onzièmes Assises nationales de la prévention et gestion territoriale des déchets, Pascal Rostain et Bruno Mouron apportent un autre regard sur la globalisation et le recyclage dans le monde.
 
France Soir.fr - Des poubelles du showbiz à la fin des années 80, vous êtes passés aux poubelles de familles anonymes dans le monde. Quelles sont les différences ou les similitudes ?

Bruno Mouron –
Depuis cinq ans, nous récupérons les déchets hebdomadaires de plusieurs familles. Le constat est que les poubelles de stars ne sont pas si différentes de celles des anonymes, du moins chez les foyers aisés. On a voulu montrer l'écart des déchets entre les riches et les pauvres, nous avons fouillé les poubelles dans plusieurs endroits du monde : Moscou, un hôtel privé à Neuilly, la poubelle d'une famille populaire à Vitry-sur-Seine, en Chine ou encore au Japon. Nous avons remarqué que la globalisation est dans tous les foyers. Par exemple, dans chaque poubelle même au Malawi qui est un pays africain très pauvre, il y avait une bouteille de coca.
Les différences que nous avons relevé sont cependant très caricaturales. Les familles aisées, que ce soit à Moscou ou à Neuilly, jettent des emballages de marques de luxe (Chanel, Dior...) ou des revues automobiles ou d'éditing, alors que chez les foyers plus modestes, le contenu est plus restreint et plus alimentaire.

F. S. – Après ce travail, pouvez-vous donner une vision globale du recyclage ?

B. M.
- Certes, nous avons pu remarquer une certaine évolution dans le recyclage depuis 20 ans que nous fouillons les poubelles. Les empaquetages sont plus petits, les déchets sont davantage organiques et au niveau du recyclage les personnes écrasent et compressent plus. On remarque aussi que les journaux sont propres ce qui prouve que les gens trient leur papier et leur plastique à part. Mais notre travail n'est en aucun cas une étude. Nous ne sommes pas des sociologues.

 

« On ne pouvait pas demander l'autorisation »

 

F. S. – Comment sélectionnez-vous parmi tous les déchets ceux que vous voulez photographier ?

B. M. –
Nous sommes vraiment dans une démarche artistique. On s'intéresse au graphisme : formes, couleurs... On veut que la lecture visuelle soit facile. On place d'un côté les journaux puis de l'autre les bouteilles afin que l'identification des objets soit immédiate. Mais nous pensons être tout de même dans le vrai car notre travail reste un constat.

F. S. – Les familles « fouillées » vous ont-elles déjà alpagué pendant vos ramassages de poubelles ?

B. M. –
Non. Ce n'est arrivé que lors de notre précédent travail avec les célébrités. Ici, on ne pouvait pas demander l'autorisation aux personnes car sinon le travail aurait été faussé s'il avaient changé leurs habitudes. Mais si un problème s'était posé, on leur aurait expliqué qu'ils resteraient anonymes. C'est pour ça que nous avons toujours sur nous un livre qui explique notre projet. De même à la douane, il faut justifier notre arrivée avec des valises et des sacs de plus de vingt kilos remplis de déchets...

F. S. – Quels sont les pays où les poubelles sont les plus propres selon vous ?

B. M. – 
Au Malawi, les poubelles sont très propres. C'est parce que les habitants sont pauvres et réutilisent presque tout. La bouteille de coca que nous avons trouvé a certainement du échapper à la récupération. Car, en général, les Malawites s'en servent pour piller le maïs. En Chine, c'est assez propre aussi. Le tri sélectif est fait via deux sacs plastiques différents. Au Japon, le tri est très suivi aussi et c'est très « clean ». Au Quatar, nous avons trouvé peu de déchets alimentaires comme si la famille mangeait souvent au restaurant. Mais je pense que c'est parce que nous avons fouillé les poubelles d'un foyer moyen dans un pays très riche.
Mais notre projet n'est pas fini. Nous attendons les sponsors pour continuer ce travail sur la globalisation sur d'autres continents comme chez les Inuits au Groenland ou au Tibet. 

11èmes Assises nationales de la prévention et gestion territoriale des déchets organisées par IDEAL et l'ORDIF les 16 et 17 septembre 2010 à la Grande Halle de la Villette : www.paris-dechets.com

Ici C'est Sympa Aussi :-))