Chez Wam

"Mon meilleur conseil à l'attention de quelqu'un qui veut se mettre à faire de la musique : imaginez que la musique est une grande Mona Lisa et dessinez-lui une moustache !",

Flea.

:-)

jeudi 10 juin 2010

L'Album De Papa (4) : The Rolling Stones - Beggars Banquet (1968)







Petite Note : Vous voilà affublés d'un article de quinze kilomètres et à vrai dire je ne pensais pas faire aussi long en le commençant... Une chose en amenant une autre... Et aussi parce que je suis assez curieuse de nature ainsi que l'envie de faire partager ce morceau de l'Histoire du Rock... Et puis c'est toujours intéressant de savoir ce que l'on écoute (cela ne veut pas dire que j'étais en totale ignorance mais j'en avais seulement une vague idée...). Bonne lecture à tous les petits curieux qui visitent ce blog régulièrement ;-))

(Sources : Wikipedia + LaCoccinelle.net).

Cet album des Stones est considéré comme le véritable premier album. Un album assez varié, tantôt Rock, tantôt Blues (après une période plus psychédélique) avec deux ovnis : "Sympathy For The Devil" (une de mes préférées des Stones :-)) et "Street Fighting Man". Les Stones, à cette époque, sont aussi à un tournant dans leur carrière, aspirants à plus de stabilité : Brian Jones, drogué et alcoolique ne participe pratiquement plus au groupe, et c'est donc Keith Richard qui prend le relais, assurant ainsi la quasi totalité de la partie guitare.
Avec cet album, il marque ainsi leur opposition aux Beatles : d'une part au niveau politique = "Street Fighting Man" # "Revolution" = la pensée des Stones est plus dans l'acte que les Beatles qui se fait au niveau spirituel; et d'autre part, sur le plan philosophique avec "Sympathy For The Devil" (traduction plus loin)... Jean-Luc Godard filma une partie de leur enregistrement qui donna lieu à un documentaire sobrement appelé : "Sympathy For The Devil"("One Plus One")... 






Sympathy For The Devil (Compassion Pour Le Diable)
 
S'il-vous-plait permettez-moi de me présenter
Je suis un homme de goût et fortuné
Je suis là depuis de longues longues années
Et j'ai volé à beaucoup d'hommes leur âme et leur foi
J'étais là quand Jésus Christ
Eut son moment de doute et de douleur
J'ai sacrément assuré que Ponce Pilate
S'en lave les mains et scelle son sort
Enchanté de vous connaître j'espère que vous devinez mon nom
Mais ce qui vous intrigue c'est de comprendre en quoi consiste mon jeu
 
J'étais dans les parages de Saint-Petersbourg
Quand j'ai vu que c'était le bon moment pour un changement
J'ai tué le Tsar et ses ministres,
Anastasia cria en vain
J'ai conduit un tank et eu rang de général
Quand la guerre-éclair a fait rage et que les cadavres puaient
Enchanté de vous connaître j'espère que vous devinez mon nom. Oh ouais
Mais ce qui vous intrigue c'est de comprendre en quoi consiste mon jeu. Oh ouais
 
J'ai assisté à l'allégresse qui régnait pendant que vos rois et reines
Se battaient pendant dix décennies au nom des Dieux qu'ils avaient créés
Je me suis écrié qui a tué les Kennedy ?
Alors qu'après tout c'était vous et moi
 
S'il-vous-plait permettez-moi de me présenter
Je suis un homme de goût et fortuné
Et j'ai monté des guet-apens contre les troubadours
Qui furent tués avant d'atteindre Bombay
Enchanté de vous connaître j'espère que vous devinez mon nom. Oh ouais
Mais ce qui vous intrigue c'est de comprendre en quoi consiste mon jeu. Oh ouais
Enchanté de vous connaître j'espère que vous devinez mon nom
Mais ce qui vous intrigue c'est de comprendre en quoi consiste mon jeu
 
De la même façon que tous les flics sont des criminels
Et tous les pécheurs des saints
Ainsi que pile est face, appelez moi simplement Lucifer
Car j'ai le besoin de faire preuve d'un peu de modestie(1)
Alors si vous me rencontrez, ayez un peu de courtoisie
Ayez un peu de compassion et de bon goût
Utilisez toute votre politesse bien apprise
Ou je jetterai votre âme aux ordures
Enchanté de vous connaître j'espère que vous devinez mon nom
Mais ce qui vous intrigue c'est de comprendre en quoi consiste mon jeu
 
(1)les flics sont des criminels, les pécheurs des saints
 
Donc le Diable est Dieu ( là il fait donc preuve de modestie )


A propos de "Sympathy For The Devil" :  



Mick Jagger, dans une interview donnée pour "Rolling Stone" en 1995 : "Je crois que le thème de la chanson vient d'une vieille idée que j'ai trouvé dans un oeuvre de Baudelaire, je crois mais peut-être que je me trompe. Parfois quand je relis les oeuvres de Baudelaire, je n'arrive pas à la retrouver. Mais c'est une idée que j'ai trouvé dans un livre français. J'ai juste pris quelques phrases et rajouté mes idées. Je les écrite un peu à la manière de Dylan".
Au premier couplet, le narrateur commence par se présenter : c'est un "homme riche et de goût", qui "a volé à beaucoup d'hommes leur âme et leur foi" : ce personnage était présent lorsque Jésus-Christ doutait, et il s'est assuré que Ponce Pilate scelle son sort en s'en lavant les mains.
L'identité du narrateur est évidente, il s'agit du Diable, bien que son nom ne soit pas explicitement cité :  "Pleased to meet you / Hope you guess my name" = "Ravi de te rencontrer / J'espère que tu devines mon nom").
 Il narre ensuite ses "exploits", avec successivement : 
- les assassinats des Tsars et de leurs ministres à Saint-Petersbourg (car "il était temps de changer");
- la Blitzkrieg qui fait rage (pour laquelle "il a conduit un tank, et est devenu général").
Le diable raconte comment il s'est délecté des guerres qui ont duré des décennies, pour des dieux créés de toutes pièces. Les meurtres des Kennedy ? "C'était vous et moi", dit-il.
La dernière partie de la chanson est consacrée aux dernières mises au point : "Chaque policier est un criminel", "chaque pécheur est un saint", et "pile est face"
Le Diable qui, parce qu'il doit faire preuve de retenue, invite son public à l'appeler Lucifer, profère quand même quelques menaces : "soyez polis et compatissants avec moi, sinon, je jetterai votre âme aux ordures..."




 Street Fighting Man (Combattant Des Rues)    

Partout j'entends le bruit d'armées en ordre de marche, de pieds qui montent à la charge, mon gars  
Car l'été est là et c'est une bonne époque pour se battre dans la rue mon gars
Mais que peut faire un pauvre gars à part chanter pour un Groupe de rock car dans la ville de Londres ensommeillée  
Il n'y a simplement pas de place pour un combattant des rues ! non !

  Hey ! je pense que le temps est mûr pour une révolution de palais
Mais là où je vis le jeu en vogue c'est la solution de compromis  
Oui mais alors que peut faire un pauvre gars à part chanter pour un Groupe de rock car dans la ville de Londres ensommeillée
Il n'y a simplement pas de place pour un combattant des rues ! non !    

Hey ! j'ai dit que mon nom était Agitation Je vais hurler et crier, que je vais tuer le roi et mettre à mal tous ses domestiques  
Oui mais alors que peut faire un pauvre gars à part chanter pour un Groupe de rock car dans la ville de Londres ensommeillée  
Il n'y a simplement pas de place pour un combattant des rues ! non !


A Propos de "Street Fighting Man" :  


Cette chanson a été écrite dans le contexte de la Guerre du Vietnam : 
Elle démarre sous la forme d'une actualité : "Everywhere, I hear the sound of marching, charging feet, boy" = "De partout, j'entends le bruit de pas qui défilent et qui chargent, mec"; "Well now what can a poor boy do, Except to sing for a rock & roll band? Cause in sleepy London Town there's just no place for a street fighting man" = "mais que peut faire un pauvre gars, sinon chanter dans un groupe de rock'n'roll, car dans les rues endormies de Londres, il n'y a aucune place pour un émeutier".
Mick Jagger observe avec attention ce qui se passe en France, il regarde aussi les évènements qui se déroulent de l'autre côté de l'Atlantique en ce printemps 1968 et constate que rien de tel ne se produit dans la capitale anglaise. Il n'en reste pas moins sarcastique lorsqu'il dit "The time is right for a palace revolution, But where I live the game to play is compromise solution" = "L'heure est venue pour une révolution de palais, mais là où je vis le jeu à jouer est le compromis".
A propos de Mai 68, il explique en 1995 qu'ils furent une "source d’inspiration directe, parce que cela contrastait avec Londres où tout était très calme. Mais il n’y avait pas seulement la France, il y avait aussi l’Amérique, à cause de la guerre du Vietnam et ces perturbations sans fin. Je pensais que c’était une très bonne chose à l’époque. Il y avait toute cette violence qui se déroulait, pensez qu’ils ont presque renversé le gouvernement français ! De Gaulle a eu la trouille et il s’est en quelque sorte enfermé dans son palais. Et le gouvernement ne faisait presque plus rien. La police anti-émeute française a été fantastique" ajoute-t-il en soulignant sans doute le fait qu’il n’y a pas eu un mort durant les évènements de mai 1968.



The Beatles - Revolution

Tu dis que tu veux une révolution
Bien, tu sais
Que nous voulons tous changer le monde
Tu me dis que c'est l'évolution
Bien, tu sais
Que nous voulons tous changer le monde
Mais quand tu parles de destruction
Ne sais-tu pas que tu ne peux pas compter sur moi
Ne sais-tu pas que ça va être très bien
Très bien, très bien

Tu dis que tu as une vraie solution
Bien, tu sais
Nous aimerions tous voir ton plan
Tu me demandes de contribuer
Bien, tu sais
Nous faisons ce que nous pouvons
Mais si tu veux de l'argent pour des gens avec des esprits qui haïssent
Tout ce que je peux te dire mon frère est que tu dois attendre
Ne sais-tu pas que ça va être très bien
Très bien, très bien

Tu dis que tu changeras la constitution
Bien, tu sais
Nous voulons tous changer ta tête
Tu me dis que c'est l'institution
Bien, tu sais
Tu ferais mieux de libérer ton esprit à la place
Mais si tu te ballades avec des photos du président Mao
Tu ne vas pas le faire avec n'importe qui, n'importe comment
Ne sais-tu pas que ça va être très bien
Très bien, très bien


A propos de "Revolution" :


En fait, il existe deux versions de "Révolution" : une première version qui sort en 45 T en 1968 (version rapide), et quelques semaines plus tard sur le double CD Blanc, version plus lente et plus blues.
Lennon est, à l'époque, en contact avec l'Extrême Gauche; certains y voit comme une trahison, et la chanson ne les satisfait pas à cause, notamment des hésitations qu'elle contient. Lennon et les Beatles enregistrent alors une seconde version et glisse le mot "In" après les vers : 

"When you talk me about destruction,
Don't you know thant you can count me out....In"

En fait, Lennon n'était pas vraiment communiste à proprement parler. Lorsqu'il parle de révolution ici, comprenez plutôt "Révolution Des Consciences", c'est à dire changer le monde en commençant par changer sa façon de penser et de mieux appréhender le monde en tant qu'être humain.
Pour la version plus rapide de "Revolution", John Lennon a réussi à convaincre un technicien du son de sur-saturer la distorsion à la guitare ce qui donne une version collector, pas loin de sonner Metal :-/

Ici C'est Sympa Aussi :-))