Chez Wam

"Mon meilleur conseil à l'attention de quelqu'un qui veut se mettre à faire de la musique : imaginez que la musique est une grande Mona Lisa et dessinez-lui une moustache !",

Flea.

:-)

dimanche 8 novembre 2009

Roman Polanski


Je passerai outre ses déboires judiciaires du moment, pour ne parler que de deux de ses films cultes (enfin à mes yeux, après les goûts et les couleurs...) :


- Le Bal Des Vampires (The Fearless Vampire Killers) de 1967
(bien que celui-ci soit traité sur le ton de l'humour);


- Rosemary's Baby de 1968.


En fait, ces deux films font partie d'une trilogie dont « Le Bal Des Vampires » est le deuxième volet et «Rosemary's Baby» le dernier, le premier étant « Répulsion » (avec Catherine Deneuve en rôle principal) en 1964.


Le Bal Des Vampires (The Fearless Vampire Killers) - 1967 





Le professeur Abronsius, un savant de l'université de Konigsberg, spécialiste en vampires et en vampirisme, parcourt l'Europe centrale à la recherche de ces créatures, en compagnie de son jeune assistant, Alfred. Leur quête les conduit au fin fond de la Transylvanie subcarpatique. Les deux hommes font halte dans un village, à l'auberge juive de Shagal, où ils emménagent dans une chambre du second étage, communiquant avec une salle d'eau. Abronsius croit qu'il y a des vampires dans le coin ; les gousses d'ail installées un peu partout dans l'auberge semblent le prouver. Quant à Alfred, il est plus intéressé par Sarah, la fille de l'aubergiste, qui adore prendre des bains dans la pièce adjacente.
Le lendemain, Sarah est enlevée dans sa baignoire par le comte von Krolock. Alfred en est témoin car il regardait par le trou de la serrure. Shagal part aussitôt au secours de sa fille. Les paysans le retrouvent un peu plus tard, mort et avec des traces de morsures. La nuit, Shagal se lève de son lit de mort et prend la route du château du comte, non sans avoir auparavant mordu la servante de l'auberge. Abronsius et Alfred le suivent en ski. Ils réussissent à pénétrer dans le château mais sont aussitôt surpris par Koukol, le serviteur bossu du comte. Ils sont emmenés auprès de von Krolock et font connaissance avec lui ainsi qu'avec son fils Herbert, qui semble avoir un faible pour Alfred. Au petit matin, les deux hommes tentent d'atteindre la crypte afin de planter un pieu dans le cœur du comte ainsi que dans celui de son fils. Quelques mésaventures font qu'ils sont incapables d'y parvenir. La nuit venue, Herbert fait plus ample connaissance avec Alfred et tente même de le mordre. Celui-ci parvient tant bien que mal à s'échapper. À minuit, le comte présente Sarah, hypnotisée, à ses invités vampires et le bal commence. Perruqués et costumés, Abronsius et Alfred se joignent au bal. Toutefois, alors qu'ils ont réussi à récupérer Sarah, ils sont démasqués par un gigantesque miroir qui donne leurs reflets et ce, malgré une salle remplie de vampires. Ils parviennent à gagner du temps dans leur fuite en formant une gigantesque croix avec deux épées de longues tailles. Encore pourchassés, ils quittent le château en traîneau mais la jeune fille est déjà vampire et mord Alfred au moment où il pense tendrement à son nouvel amour...

Son approche du film d'horreur : « Les gens aiment avoir peur sans danger... La peur est assez proche de l'humour, qui consiste justement à rire de la mésaventure de quelqu'un ou de sa propre mésaventure. Et toute peur qui n'est pas accompagnée d'un véritable danger doit vous faire rire une fois passée » (Positif, février 1969).
C'est dans cet esprit que part l'histoire de ce film, une comédie sur le thème des vampires pour donner le sentiment d'effrayer sans danger, comme certains contes de notre enfance (celui qui me faisait le plus flippé était « Hansel Et Gretel »...). Le pré-générique, le fameux lion de la MGM est remplacé par un vampire verdâtre de dessin animé, avec une goutte de sang qui s'échappe de sa bouche qui, en glissant sur les lettres du générique, se transforme en bouche puis en chauve souris. Il s'agit d'une simple entrée en matière afin de désamorcer la tension.

On y retrouve des personnages décalés que Polanski rend un peu plus humain :
Shagal est un vampire juif, victime de sa classe et de son origine car c'est un roturier (Dracula est aristocrate);
Abronsius est un hybride entre le professeur Tournesol et Albert Einstein, caricature de l'homme de sciences (Polanski est septique envers la science et plus tourné vers les sciences occultes);
Alfred, disciple d'Abronsius, est un élève peureux et naïf, maladroit, limite neuneu, qui ne parvient pas à séduire;
Le Comte Von Krolock a des faux airs de Christopher Lee, acteur célèbre pour son cultissisme Conte Dracula dans les films de la Hammer, spécialisée dans la science fiction et l'épouvante;
Le personnage de Herbert est homosexuel...

En faisant triompher les vampires, Polanski fait un pied de nez au classique « happy-end » et s'affranchit des codes du Cinéma, mais aussi de façon ironique qui veut que le bien triomphe du mal alors qu'ici c'est tout le contraire qui se passe...
  
Rosemary's Baby – 1968



C'est un film d'horreur psychologique bien plus intéressant que le gore... Les afficionados de Freddy et autres niaiseries (là encore, les goûts et les couleurs...), vous ne trouverez pas votre bonheur...
Il est tiré du roman d'Ira Levin qui dépeint la psychose qui s'empare d'une jeune femme au foyer. Une nuit, Rosemary fait un rêve horrible dans lequel elle est violée par une créature pas tout à fait humaine. Le lendemain, son mari, Guy, petit acteur de spots publicitaires pour la télévision, lui confesse lui avoir fait l'amour dans son sommeil. Quelques temps plus tard, elle apprend qu'elle est enceinte...



Face à ce film, on se retrouve coincé entre un malaise permanent et une sensation d'inconfort; la frontière entre le vrai et le faux est ténue... Est-ce qu'elle est réellement paranoïaque ou alors est-elle en proie à une secte d'adorateurs du diable ? Au fur et à mesure du déroulement du film, Polanski donne des pistes et ne laisse jamais planer le mystère.
Et ce bébé que l'on ne voit jamais au final... D'ailleurs, Polanski disait à l'époque que si son travail est bien fait, les spectateurs croiront vraiment avoir vu le bébé... Et il avait raison puisque de nombreux spectateurs, après la projection du film crurent effectivement l’avoir vu... Lorsque le film fut présenté à la télévision américaine, certains ont même prétendu que la censure avait fait couper les scènes montrant le bébé... mais... le bébé de Rosemary n’a jamais été filmé... :-)

Ici C'est Sympa Aussi :-))